Sessions longues. Clique sur un chapitre pour entrer où tu veux.
Des choses construites pour le plaisir de les construire. Tout tourne dans le navigateur — rien à installer, rien à créer comme compte.

Huit pistes, synthèse en temps réel, export WAV et stems.
Un alphabet, un dictionnaire, une grammaire. Et de quoi l'apprendre.
Un simulateur de wing foil codé à la main. Le vent, la portance, le décollage sur l'aileron — et se planter, beaucoup.
Ce qui ne se dit pas, on le joue.
Notes sur la monnaie, le travail et ce qu'on accepte sans le décider.
Ce que j'écoute, ce que je regarde, ce qui a compté.
Frank Latreille-Ladoux s'est éteint le 19 décembre 2025, à 45 ans, à Marseille. Son label a annoncé qu'il s'était fait la belle — ceux qui l'écoutaient savent d'où vient la formule.
Chartres, Strasbourg, Marseille. Du rap posé sur du jazz manouche et des musiques de l'Est, des textes qui prenaient le temps d'installer une image plutôt que de placer une punchline. Le Figaro l'avait appelé la plume du rap français ; lui a passé quinze ans à construire une œuvre en dehors des formats, sans major et sans course aux chiffres. C'est cette manière de faire qui reste, autant que les disques.
Deux couplets qui prennent les contes de l'enfance à revers : le Petit Poucet, Hansel et Gretel, le Chat Botté remis dans la ville, la nuit et la défonce. AL'TARBA pose le décor, Dooz Kawa répond par l'insomnie, le doute et cette idée qu'il ne serait reconnu qu'une fois disparu. Une berceuse pour adultes, qui se lit autrement depuis décembre 2025.
Mon fils la connaît par cœur. Il n'a pas encore l'âge d'en comprendre la moitié.
Lyon, années 2000, une tête de lion pour étendard. Lucio Bukowski, Anton Serra et les autres ont tout fait eux-mêmes : les prods, les clips, la diffusion. Pas de label, pas d'attente — un réseau qui se passe le travail et se recommande. C'est exactement ce que décrit « Génération dette » : ne pas jouer le jeu, construire à côté.
Vingt ans de rap et toujours la même colère, en un seul couplet : le prix de la baguette, les huissiers, les détournements qui coûtent vingt jours de prison, et les beatmakers passés à Suno. Prod d'Oster Lapwass. La ligne sur Matoub Lounès, assassiné pour sa musique, rappelle au passage ce que ça peut coûter ailleurs.
Une heure jouée en temps réel sur les machines, captée du début à la fin. Pas de montage, pas de playback — ce qui se passe quand on laisse tourner.
McLuhan avait tout dit en 1965 : ce n'est pas le contenu qui nous façonne, c'est la forme même du canal. Soixante ans plus tard, on commente encore ce qui passe à l'écran sans regarder l'écran.
Plus de vingt-cinq ans derrière les machines. Assez pour savoir qu'il y a des choses qu'on ne peut pas dire, seulement faire entendre. Tekno, tribe, drum & bass : les genres sont des outils, pas une identité — on les traverse, on ne s'y installe pas. Ce qui compte, c'est ce qu'on retire, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une tension capable de tenir debout seule.
Le reste est une affaire de regard. La fabrique du consentement, l'impunité de ceux qui décident, l'argent qui monte et ne redescend jamais : ce ne sont pas des thèmes, ce sont les conditions dans lesquelles on vit. Le temps a trié — ce qui paraissait urgent à vingt ans s'est effacé, le reste s'est durci. Et ce qui reste, le son l'atteint avant les mots : le corps d'abord, la tête ensuite. Ce qui passe par le corps s'oublie moins vite.